Certains considèrent que la dépoldérisation sera en partie la solution à nos maux.
Ils disent donc qu’ils vont, en démolissant la ferme de la Caroline au Hourdel, commencer à dépoldériser les Bas-Champs.
Cela leur permettra de tenter (ils disent bien tenter) de désenvaser le port en créant ainsi un bassin de chasse. Même s’ils reconnaissent du bout des lèvres que des sédiments se déposeront dans ce bassin créé de toutes pièces, ce n’est pas gagné, loin de là.
Ce n’est pas très naturel tout cela, c’est même agresser la nature, car ce ne sont pas les hommes qui ont créé ces polders, c’est la nature elle-même qui les a façonnés au fil des siècles en y déposant des sédiments. L’homme n’a fait qu’exploiter ce que la nature lui offrait.
C’est à désespérer de l’expérience humaine passée.
Il suffit de traverser la baie pour voir au Crotoy ce que peut, à pu devenir et redeviendra un bassin de chasse après un certain temps. Il faut désenvaser 10 à 15 ans après.
Certes, je ne suis pas géographe, mon métier n’était seulement que la mécanique des fluides, du concret en quelque sorte, mais ne serait-il pas plus simple et moins onéreux pour les contribuables que nous sommes, de ne désenvaser que le port et de laisser les ruisseaux s’écouler librement.
En tout état de cause, si désenvaser uniquement le port crée aujourd’hui des conflits avec les (défenseurs) de la nature, les conflits seront les mêmes demain pour désenvaser le bassin de chasse.
On nous parle de 7 millions d’euros aujourd’hui, mais qu’en sera-t-il demain quand les pourparlers auront abouti avec les propriétaires ? N’en doutons pas, ces derniers seront tenaces sur les prix ! Eux ou leurs parents ont trop peiné pour amender leurs terres pour accepter qu’elle disparaisse d’un trait de crayon sur une carte (de géographie). Certains n’ont pas encore eu de proposition ni même vu l’ombre du bout d’une négociation.
Et si l’on veut moralement et par principe dépoldériser pour des raisons de dogme, il faudrait d’abord consolider la route départementale. Cela devrait être fait avant toute chose et personne n’en parle.
Quant à creuser pour enlever terre et galets, devinez qui sera vite sur les rangs et nous fera payer la note ?…
Alors on peut imaginer beaucoup de choses dans un bureau, sur du papier ou sur un ordinateur, mais dans la réalité, quand on ne tient pas compte des expériences précédentes…le contribuable paie et paie encore, ad vitam æternam.
S. Vauley
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